SAGA RICARD 2
L'esprit de résistance
1940 – 1951
1940… L'interdiction du pastis par le gouvernement de Vichy stoppe net l'élan de la société Ricard. Résistant de la première heure, Paul Ricard reconvertit son personnel dans l'agriculture au Domaine de Méjanes en Camargue. Dans l'après-guerre, il incarne la lutte pour le rétablissement du pastis à 45°.
Fort dans l'adversité
La Deuxième Guerre mondiale éclate. Parmi les premières mesures, le régime de Vichy interdit tous les apéritifs titrant plus de 16°. "Puisque nous ne pouvons plus faire de pastis, nous ferons autre chose", promet Paul Ricard. Le jeune patron fait tout pour préserver son personnel du Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne.
Sur son Domaine de Méjanes en Camargue, (acquis dans les années 30), il reconvertit les hommes de l'usine à la terre, la culture du riz en particulier. Sur la lancée, après la guerre, la Camargue devra à Paul Ricard la relance de la riziculture française.
En Ardèche, Paul Ricard achète la source d'eau minérale du Pestrin. Grâce au matériel rapatrié de Sainte-Marthe, ses employés distillent des fruits pour alimenter le maquis en alcool carburant.
La bataille du pastis
Si l'année 1944 marque la fin de la guerre, elle ouvre un autre front de combat… Un décret rétablit les apéritifs à 40° comme les eaux-de-vie, les liqueurs et les whiskies, mais le pastis à 45° reste interdit.
"Aucun parti politique, explique Paul Ricard, n'osait prendre les mesures de libération d'une boisson qui continuait à porter dans l'inconscient des foules l'héritage immérité de l'absinthe."
A la tête du Syndicat des fabricants d'anis du Sud-Est, l'industriel incarne la lutte pour la libération du pastis. Le 24 mai 1951, au terme d'un combat épique, les cloches de Sainte-Marthe célèbrent le rétablissement du pastis à 45°.
Dès ce retour en grâce, la société renoue avec la croissance à une vitesse fulgurante
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